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Sommaire

Comment une vache devient-elle nourrice ?

Comment une vache devient nourrice

Pratique encore peu connue du grand public, l’élevage de veaux sous vaches nourrices consiste à confier à une vache laitière des veaux qui ne sont pas les siens pour qu’elle les nourrisse.

Laurent Brunet est ingénieur d’études à l’INRAE au sein de l’unité de recherche ASTER Mirecourt, où il travaille sur l’élevage de veaux sous vaches nourrices. 

La vidéo aborde les critères de choix d’une vache nourrice, le déroulement du processus d’adoption, les facteurs de réussite et d’échec, ainsi que les précautions sanitaires à prendre pour mettre en place ce mode d’élevage dans de bonnes conditions !

À partir du moment où on voit les veaux téter tout seuls, on considère l’adoption comme actée et réussie.

Laurent Brunet

Au programme

  • 0:00 : Pouvez-vous vous présenter ?
  • 0:18 : Qu’est-ce qu’une vache nourrice ?
  • 0:33 : Combien de veaux une vache nourrice élève-t-elle ?
  • 0:51 : Comment choississez-vous les vaches nourrices ?
  • 1:54 : Comment se déroule une adoption ?
  • 2:58 : Y a-t-il déjà eu des échecs d’adoption ?
  • 3:46 : Quelques conseils pour la mise en place de ce système ?

Retranscription

Retranscription - Comment une vache devient-elle nourrice ?

Pouvez-vous vous présenter ?

Laurent Brunet

Je suis Laurent Brunet, ingénieur d’études à l’INRAE, et je m’intéresse à l’élevage de veaux sous vaches nourrices.

Qu'est-ce qu'une vache nourrice ?

Laurent Brunet

Le principe consiste à confier à une vache laitière des veaux qui ne sont pas les siens, en mettant en place un processus d’adoption pour qu’elle les prenne en charge et les nourrisse comme si c’était les siens.

Combien de veaux une vache nourrice élève-t-elle ?

Laurent Brunet

Le nombre de veaux confiés à une vache nourrice est conditionné par sa production laitière. En général, il est de deux à trois. On ne va jamais au-delà de trois, car il faut toujours qu’une tétine reste libre en cas de conflit entre les veaux.

Comment choississez-vous les vaches nourrices ?

Laurent Brunet

Le premier critère de choix d’une vache nourrice, c’est la docilité. Si vous ne pouvez pas approcher une vache à moins de cinquante mètres, il y a de fortes chances que vous ne puissiez pas non plus approcher ses veaux !

Une vache mise en nourrice a par ailleurs peu de chances de devenir gestante pendant cette période ; ce sont donc souvent des vaches âgées, en fin de carrière. Dans notre cas, nous recherchons des vêlages groupés de printemps, mais toutes les vaches ne sont pas capables de suivre ce rythme, et celles dont le cycle reproductif se décale peuvent être choisies comme nourrices.

Les problèmes sanitaires constituent une autre raison fréquente : une vache ayant eu une mammite que le traitement n’a pas résolue, ou présentant des problèmes de locomotion qui l’empêchent de suivre le troupeau des laitières, sera une bonne candidate. Elle restera avec ses veaux dans le parc et aura moins besoin de se déplacer.

Comment se déroule une adoption ?

Laurent Brunet

Pour le processus d’adoption, la vache est traite la veille, puis descendue après la traite dans le box d’adoption. Les veaux, quant à eux, ont été nourris tôt le soir précédent, de façon à avoir un peu faim le lendemain en fin de matinée et à être motivés pour aller à la tétée.

Une barrière est d’abord placée entre la vache et les veaux pour observer le comportement de la vache. Au bout d’une minute, on ouvre cette barrière et on surveille. Si les veaux vont téter tout seuls et que la vache se laisse faire, on n’intervient pas. Si les veaux ont passé du temps au Milk Bar auparavant, ils peuvent avoir perdu le réflexe d’aller à la mamelle seuls, ou la vache peut ne pas être tout à fait coopérative. Dans ce cas, on bloque la vache au cornadis et on amène les veaux à la tétée, deux fois par jour, matin et soir, jusqu’à ce qu’ils tètent tout seuls. À partir de ce moment, on considère l’adoption comme actée et réussie.

Y a-t-il déjà eu des échecs d'adoption ? 

Laurent Brunet

Nous avons eu des échecs d’adoption liés à des erreurs de notre part, notamment une sous-estimation de la production laitière d’une vache. Avec trois veaux qui n’arrivaient pas à téter tout le lait, la vache avait mal à la mamelle, commençait à taper, et on entrait dans un cercle vicieux où les veaux avaient peur de venir téter.

À l’inverse, lorsqu’une vache ne produit pas suffisamment de lait pour les veaux confiés, on doit également arrêter l’adoption, car les veaux ont besoin d’une quantité suffisante pour bien grandir.

Quelques conseils pour la mise en place de ce système ?

Laurent Brunet

Un conseil que je donnerais à l’éleveur qui souhaite pratiquer l’élevage sous nourrices : il faut créer un lien et aller régulièrement dans le troupeau de nourrices pour maintenir ce contact avec les animaux.

Il faut également éviter ce mode d’élevage en cas de paratuberculose dans le troupeau, car cette maladie se transmet via les fèces de la mère, et le contact lors de la tétée augmente considérablement le risque de contamination des veaux.

Enfin, concernant l’adoption, nous essayons de ne pas faire adopter le veau biologique de la vache. Lors de la première année d’expérimentation, nous n’avons pas eu le choix, et nous avons constaté très rapidement que la vache développait une préférence pour cet animal, au point que les deux autres veaux adoptés ne pouvaient téter que lorsque le veau biologique était présent.

à retenir

À partir du moment où on voit les veaux téter tout seuls, on considère l’adoption comme actée et réussie.

Laurent Brunet