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En France, les animaux d’élevage sont nourris avec du soja issu de la déforestation, VRAI ou FAUX?

VRAI… mais pas que, et il existe des alternatives !

Depuis plus de 60 ans, la France et les pays européens sont dépendants de l’Amérique du Sud pour fournir la ration quotidienne de soja à leurs volailles, porcs et vaches laitières… Le tourteau de soja est un aliment riche en protéines essentiel pour ces derniers. Dans l’Union européenne, 90% du soja consommé par les animaux d’élevage est importé, soit plus de 30 millions de tonnes. Pour la France, cela représente environ 3,2 millions de tonnes de tourteaux de soja importés en 2020. 

Au niveau mondial, les trois principaux producteurs de soja sont les Etats-Unis, l’Argentine et le Brésil. Le Brésil reste de loin le plus gros fournisseur de la France, représentant plus de 60% des importations françaises en tourteaux de soja, suivi par l’Argentine (10%)[1]. Cette forte dépendance de la France aux importations de soja est problématique sur le plan de la souveraineté alimentaire (volatilité des prix, dépendance aux accords économiques et donc… politiques) mais également sur le plan environnemental

En effet, en Amérique du Sud, la culture de soja se traduit généralement par une monoculture à base de variétés OGM pratiquée sur des immenses surfaces résultant principalement de la déforestation.

Ces monocultures sont de plus associées à des épandages massifs et croissants de pesticides qui sont pour la plupart interdits dans l’Union européenne en raison de leur nocivité. Cela participe à la destruction d’écosystèmes riches en faune sauvage et biodiversité, à la perturbation du cadre de vie des populations autochtones et… au changement climatique. Qui plus est, le transport du soja depuis l’Amérique du Sud jusqu’en France, bien qu’effectué par cargo, est générateur de gaz à effet de serre.

L’épandage de pesticides est souvent réalisé par avion au Brésil, entraînant des problématiques d’ordre écologique et sanitaire. Pour plus d’info

Comment se répartit ce soja dans l’auge des animaux d’élevage ? 

En France, il faut savoir que 90% du soja importé est consommé à parts quasi égales par les bovins et les volailles. Les volailles de chair et de ponte sont les premières consommatrices des tourteaux de soja (44% du total) suivies par les bovins laitiers et mixtes (36%), les bovins à viande (8%) et les porcs (6%)[3]. En effet, l’alimentation du porc est majoritairement composée de céréales et de tourteaux de colza et de tournesol[4] que l’on produit en France et permise par l’addition d’acides aminés de synthèse[5].

💡Note 
 L’alimentation des animaux d’élevage dépend de plusieurs facteurs : de leur situation géographique, du système d’élevage dans lequel ils se trouvent, des saisons (alimentation hivernale et estivale différentes), des conditions climatiques, des territoires, etc. Les chiffres présentés ci-après sont donc des moyennes annuelles.

La part de soja dans l’alimentation d’une vache laitière 

La ration moyenne d’une vache laitière en France se compose ainsi[6] 

Selon les modes d’élevage, les tourteaux de soja représentent entre 4% (pour les élevages en agriculture biologique) et 36% de la part des concentrés et minéraux.

La part de soja dans l’alimentation d’une volaille 

L’alimentation d’une volaille est composée en moyenne de la manière suivante[7] :

Les alternatives au soja issu de la déforestation et perspectives d’amélioration

Le soja apparaît comme une matière première incontournable de l’alimentation animale en raison de la richesse en protéines, son profil exceptionnel en acides aminés, l’économie en intrants pour le cultiver… C’est pourquoi il est difficilement substituable en intégralité dans l’alimentation des animaux. S’il est possible d’importer du soja présentant des garanties « zéro déforestation » à travers les filières de « production durable », cela ne répond pas à l’ensemble des problématiques environnementales causées par sa culture en Amérique du Sud.

Le soja « responsable » made in France ? 

Produire notre propre soja en France pour nourrir nos animaux d’élevage présenterait de nombreux avantages : un soja garanti « zéro déforestation », non-OGM (pour rappel, la culture d’OGM à des fins commerciales est interdite en France), généralement cultivé avec moins de pesticides (la règlementation européenne étant plus stricte que celle appliquée en Amérique du Sud). 

Relocaliser la production de soja est aussi intéressant en matière de réduction des gaz à effet de serre liés au transport (qui peut s’avérer infime si le soja est produit sur place dans le cadre d’une exploitation autosuffisante) mais aussi via la culture elle-même : le soja utilise l’azote de l’air et produit des composés azotés lors de sa culture. En augmentant la quantité d’azote dans le sol, il fertilise naturellement les sols et réduit les maladies[8]. Au global, selon le Centre d’Étude et de Recherche sur l’Économie et l’Organisation des Productions Animales (CEREOPA), un approvisionnement français en soja représenterait un gain en carbone annuel de 1,4 million de tonnes d’équivalent CO2[9]. 

De plus en plus de soja produit en France 

En 2018, la France a produit plus de 400 000 tonnes de graines de soja[10], ce qui représentait 154 000 hectares cultivés en 2018 et 184 000 hectares en 2020[11], contre seulement 37 500 hectares en 2012. Son objectif est d’atteindre 650 000 tonnes d’ici à 2025. 

Même si la France accroît sa production de soja depuis une dizaine d’années, sa part demeure faible en Europe (la France produit 10% de la production européenne), marginale par rapport aux productions nord et sud-américaines… et comme vu précédemment, insuffisante par rapport à ses propres besoins.

… Et si on changeait de modèle ?

Face à cette problématique, André Le Gall de l’Institut de l’Élevage et André Pflimlin de l’Académie Française d’Agriculture étudient la perspective pour l’élevage français d’accéder à une autonomie en tourteaux de soja, en remplaçant une partie du maïs fourrage par des prairies riches en légumineuses pour l’élevage bovin d’une part, et en développant fortement la production de soja en France et en Europe pour les volailles d’autre part[12].  

Pour les bovins, le postulat d’André Le Gall et d’André Pflimlin est celui du maintien de la production laitière par vache (7000 kg par vache laitière) et des effectifs (3,7 millions de vaches laitière). Il s’agirait de remplacer entièrement les tourteaux de soja consommés par les bovins en améliorant la qualité des fourrages via l’intégration de légumineuses (trèfles, luzerne) : « La réduction de 50 % de la part de maïs ensilage par rapport à la situation actuelle (de 3,2 t MS à 1,6 t MS/vache laitière/an) pour tous les bovins se traduirait par une baisse de la consommation de soja de 1 630 000 tonnes. Cela correspond à la totalité de la consommation de soja par les bovins et représente une réduction de 47 % de la consommation de soja importé en France »[13].

Pour les volailles, il s’agirait de développer des cultures riches en protéines. Concrètement, pour André Le Gall et André Pflimlin, cela consisterait à maintenir les surfaces actuelles dédiées au colza et au tournesol, à multiplier par deux les surfaces en protéagineux et à multiplier par quatre les surfaces cultivées en soja. « Cette progression des surfaces à l’horizon 2030 (+ 869  000 ha) permettrait d’accroître la production de protéines de 765 000 tonnes, ce qui représente l’équivalent de 1,65 millions de tonnes en équivalent tourteaux de soja, soit 48 % des importations actuelles […] Si tout ce tourteau de soja (y compris celui provenant des surfaces actuelles) était réservé aux volailles, cela suffirait pour couvrir la consommation actuelle de soja par les volailles ».

Selon André Le Gall et André Pflimlin, la France dispose des surfaces et du climat pour mettre en œuvre ces alternatives qui permettraient de réduire fortement la quantité de gaz à effet de serre par hectare de fourrage pour les vaches laitières, tout en réduisant les impacts environnementaux en France et en Amérique du Sud liés à la culture du soja. 

Pour Laurent Alves de Oliveira, Maître de conférences en nutrition-alimentation à VetAgro Sup, augmenter la surface cultivée en France de soja doit toutefois s’accompagner de la mise en place d’une filière française permettant de traiter les graines de soja une fois qu’elles sont produites, afin de fabriquer les tourteaux. Sans cela, le gain d’une relocalisation de la culture de soja en France serait vain.


[1] La France Agricole, Marie-Astrid Batut et Eric Young, Comment se passer du soja brésilien, mars 2022. Retour

[2] Duralim, L’observatoire du risque de déforestation importée : premiers résultats, juillet 2021. Retour

[3] Cécile Cordier, Manon Sailley, Jean-Yves Courtonne, Boris Duflot, François Cadudal, et al.. Quantifier les matières premières utilisées par l’alimentation animale en France et segmenter les flux jusqu’aux filières consommatrices. 3R 2020 – 25e édition Congrès international francophone sur les Rencontres Recherches Ruminants, Dec 2020, Paris, France. pp.1-5. Retour

[4] IFIP, Utilisation de soja dans l’alimentation animale en France : la filière porcine peu dépendante !, septembre 2021. Retour

[5] IFIP, Utilisation de soja dans l’alimentation animale en France : la filière porcine peu dépendante !, septembre 2021. Retour 

[6] Observatoire de l’alimentation des vaches laitières Françaises, Que trouve-t-on au menu des vaches laitières Françaises ?. Retour

[7] Isabelle Bouvarel, Michel Lessire, Agnès Narcy, Elisabeth Duval, Sandrine Grasteau, Alain Quinsac, Corinne Peyronnet, Gilles Tran, Valérie Heuze. Des sources de protéines locales pour l’alimentation des volailles : quelles voies de progrès ? OCL 2014, 21(4) D405. Retour

[8] FOP Fédération Française des Producteurs d’Oléagineux et de ProtéagineuxSoja. Retour

[9] Réussir, François d’Alteroche, Réduire l’empreinte carbone du soja importé, décembre 2020. Retour

[10] Chiffres 2018 Terres Univia, l’interprofession des huiles et protéines végétales. Retour

[11] Chiffres 2020 Agreste. Retour

[12] André Le Gall, Institut de l’Elevage et André Pflimlin Académie d’Agriculture de France avec la collaboration de Christophe Perrot et Benoît Rouillé, Idele; Manon Sailley, IFIP et Xavier Poux, IDDRI-ASCA, L’élevage français et européen pourrait se passer du soja américain, étude à paraître. Retour

[13] André Le Gall, Institut de l’Elevage et André Pflimlin Académie d’Agriculture de France avec la collaboration de Christophe Perrot et Benoît Rouillé, Idele; Manon Sailley, IFIP et Xavier Poux, IDDRI-ASCA, L’élevage français et européen pourrait se passer du soja américain, étude à paraître. Retour

Interview- « Le CNR BEA souhaite être un espace d’échanges et de réflexions privilégié sur la question du bien-être animal »

L’équipe de coordination du CNR BEA

Alain Boissy
Directeur

Directeur du CNR BEA, il mène des recherches à l'INRAE au sein de l'UMR Herbivores sur les capacités émotionnelles et cognitives des herbivores contribuant à leur bien-être et sur les effets de l’adaptation comportementale des animaux sur l’efficacité de production. 

Camille Bezançon
Coordinatrice d'expertises scientifiques et techniques

Ingénieure agronome et éthologue de formation, elle a choisi de mettre ses connaissances en analyse du comportement animal au profit de l’amélioration du bien-être et des conditions d’hébergement des animaux.

Agnès Tiret
Responsable communication

Spécialiste en communication et stratégie, elle possède une solide expérience en France et à l’international. Formée à l’éthologie, elle développe au sein du CNR BEA la valorisation et la diffusion des connaissances scientifiques et techniques consolidées sur le bien-être animal, dans une démarche d’accessibilité, d’ouverture et de considération sociétale et éthique.

 

Geneviève Aubin-Houzelstein
Chargée de mission information et formation

Vétérinaire, chercheur en génétique animale, manager et formatrice, la continuité de sa carrière s'est faite sur son intérêt pour les animaux et leurs relations avec les hommes. Son implication au CNR BEA est basée sur la conviction qu'une meilleure prise en compte du bien-être des animaux est un impératif sociétal, environnemental et éthique.

Interview

Nous avions déjà réalisé une interview vidéo d’Alain Boissy, directeur du Centre national de référence pour le bien-être animal, en septembre 2019 pour présenter le CNR BEA , mais pouvez-vous nous rappeler qui sont ses membres et quelles sont ses missions ?

Alain Boissy

Le CNR BEA est une organisation publique indépendante qui rassemble plusieurs organismes reconnus pour leurs compétences et leur expertise dans le domaine de la recherche, du transfert de la connaissance et de la formation sur les questions de respect, de protection et de bien-être des animaux. Le CNR BEA a été créé en 2017 par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation dans le cadre de la Stratégie de la France pour le bien-être animal initiée en 2016. La création d’un centre national de référence pour le BEA correspondait notamment à une recommandation de la Commission européenne avec le souhait d’aider les Etats membres de l’UE à mieux s’approprier la réglementation et à conduire des démarches de progrès dans les pratiques d’élevage et d’utilisation plus respectueuses des besoins des animaux..

Le CNR BEA regroupe, en dehors d’INRAE, l’Anses, quatre instituts techniques (Idele, IFIP, ITAVI, IFCE)  et les quatre écoles vétérinaires dont VetAgro Sup. Autour de ce premier cercle qui constitue le Comité de direction, se rassemble un Comité consultatif constitué d’une quarantaine de représentants des parties prenantes concernées par la question de la protection animale et du bien-être animal, que ce soit le Ministère mais également toutes les organisations professionnelles et toutes les associations concernées par les questions de bien-être animal. 

Agnès Tiret

Pour compléter le propos d’Alain, le CNR BEA est actuellement le seul centre national de référence (CNR) en France dédié aux animaux. Son organisation pluri-organismes qui regroupe des acteurs variés de référence en BEA est ce qui fait sa force.  Le CNR BEA a trois missions principales. Parmi elles, il a bien sûr, en tant qu’organisme de référence une mission de communication, de diffusion des connaissances auprès de toutes les parties prenantes pour faciliter le dialogue et permettre l’évolution des pratiques. A ce titre, pour assurer cette mission de diffusion, un site internet  a été créé, sur lequel l’ensemble des ressources est en accès libre et également disponibles en anglais. On y compte notamment une importante base documentaire scientifique technique et réglementaire. Nous y diffusons également notre travail d’expertise, c’est une autre de nos missions. Enfin, nous réalisons un travail de veille des actualités techniques, scientifiques réglementaires et sociétales. Cette veille est rassemblée dans une newsletter mensuelle accessible à tous sur inscription.

Camille Bezançon

Le CNR BEA fournit une expertise scientifique et technique auprès de professionnels, mais aussi et surtout des pouvoirs publics. Nous menons plusieurs types de travaux d’expertise. Tout d’abord, des avis d’expertise à proprement parler qui sont des synthèses basées notamment sur une analyse bibliographique de la thématique donnée et sur les compétences des experts sollicités. Nous menons ensuite des travaux d’accompagnement auprès des autorités compétentes ou des organismes signataires du CNR BEA pour répondre à un besoin ponctuel d’apport de  connaissances scientifiques ou techniques sur une thématique précise en lien avec le BEA. Enfin, une dernière activité d’expertise consiste à réaliser des autosaisines : le CNR BEA se saisit lui-même sur des sujets qu’il juge d’intérêt majeur. Pour toutes ces expertises, nous fonctionnons avec plus de 110 experts qui travaillent sur différentes espèces, allant des carnivores domestiques aux animaux d’élevage, en passant par la faune sauvage captive, et représentent plus d’une quinzaine de disciplines, allant de la biologie à l’éthologie, en passant par les sciences humaines et sociales (philosophe, sociologie).

Geneviève Aubin-Houzelstein

Concernant plus spécifiquement la veille scientifique, technique et réglementaire – dont je suis la coordinatrice –, celle-ci implique une quinzaine de personnes issues de tous les organismes signataires du CNR BEA et qui participent à collecter ou valider les documents. Le processus de validation est là pour garantir qu’il s’agisse bien de documents scientifiques et techniques de valeur. Les documents disponibles dans la newsletter, dans les actualités et dans la plateforme de ressources documentaires sont issus de ce processus de veille. 

Par ailleurs, je participe également à la coordination de la mission d’appui aux formations. Le CNR BEA n’est pas un organisme de formation à proprement parler puisque nous ne concevons pas de formations. En revanche nous avons un rôle de relai, d’agrégation, de diffusion de ressources et d’informations sur la formation relative au BEA. Nous relayons ainsi les formations dispensées par les organismes signataires du CNR BEA. Nous sommes également en train de bâtir un centre de ressources dédié à la formation, qui pourra à terme être interrogé par espèce, thématique et par niveau de formation. Ainsi les personnes qui voudront construire des formations pourront y trouver des ressources pédagogiques (audio, vidéo, etc.) et celles qui souhaitent se former pourront y trouver des contenus adaptés à leur niveau.  

Quels sont les liens et les différences entre le CNR BEA et la Chaire Bien-être animal ? 

Geneviève
Aubin-Houzelstein

Par exemple, typiquement la Chaire bien-être animal a pour rôle de concevoir des formations et de les délivrer, ce qui est différent de la mission du CNR BEA. Le CNR BEA relaie les formations mais n’en dispense pas. En revanche, le CNR BEA et la Chaire BEA ont tous les deux une mission de diffusion d’information mais les publics visés ne sont pas tout à fait les mêmes. La Chaire vise un plus large public, avec des formats de diffusion variés et didactiques. Nos contenus peuvent ainsi peut-être apparaître plus académiques avec la diffusion d’articles scientifiques, de documents écrits à destination de tous les professionnels concernés par le BEA, que ce soit des éleveurs, des techniciens, des vétérinaires. Bien sûr le site internet est ouvert au grand public mais il ne s’agit pas là de notre public cible préférentiel, le site internet s’adresse en premier lieu aux professionnels concernés par le bien-être animal. 

Agnès Tiret

Pour compléter, il me paraît important de préciser que les liens entre le CNR BEA et la Chaire BEA existent depuis le début. La Chaire a été créée l’année suivant la création du CNR BEA et les liens ont toujours été étroits dans la mesure où les deux structures ont été pensées pour être complémentaires et interagir entre elles. De fait, Luc Mounier, responsable de la Chaire BEA, représente également les écoles nationales vétérinaires au sein du Comité de direction du CNR BEA et, inversement, Alain Boissy, en tant que directeur du CNR BEA fait partie du comité de pilotage de la Chaire BEA. Il existe ainsi une imbrication étroite entre les deux structures. 

Alain Boissy

La complémentarité du CNR BEA et de la Chaire était à la base voulue par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation. La Chaire a été justement créée à la suite du CNR BEA pour mettre l’accent sur la formation en matière de bien-être animal et la sensibilisation du grand public. Par ailleurs, le CNR BEA est un organe de diffusion des travaux et des activités de la Chaire. Il existe une véritable volonté commune d’avancer ensemble afin de concevoir des productions qui répondent aux missions des deux structures. 

Le CNR BEA a été créé en 2017, où en êtes-vous, pourriez-vous nous faire un bilan ?  

Agnès Tiret

Le CNR BEA est progressivement monté en puissance depuis sa création en 2017. L’équipe s’est accrue et cela a rendu possible de nombreuses réalisations au sein du CNR BEA. 

Camille Bezançon

Depuis la création du CNR BEA, nous avons réalisé 31 travaux d’expertise, dont 20 accompagnements  et 2 autosaisines (thèses vétérinaires). Initialement, les avis rendus par le CNR BEA au commanditaire avaient pour vocation systématique d’être confidentiels. Afin de permettre la diffusion des avis et des informations y figurant, le CNR BEA a souhaité s’inscrire dans une démarche consistant à rendre ses avis publics et facilement accessibles, sur son site internet notamment. Certains avis anciennement produits par le CNR BEA vont être rendus publics au printemps, avec l’accord de leurs commanditaires. Les avis réalisés à l’avenir seront également publiés, sauf demande expresse de confidentialité de la part du commanditaire. 

Quant aux travaux d’accompagnement, ils prennent le plus souvent la forme d’un document de travail et n’ont pas vocation à être rendus publics. Cependant, le sujet des accompagnements réalisés sera également rendu public au printemps sur le site internet du CNR BEA. Nous avons par exemple participé au choix de la méthodologie et des indicateurs dédiés à l’évaluation du Plan d’action national en faveur du BEA. Nous avons aussi évalué plusieurs protocoles de recherche appliquée en lien avec le BEA, révisé le questionnaire d’évaluation pour la délivrance du certificat de compétence « protection animale » en abattoir ainsi que ceux pour la délivrance de l’attestation de connaissances concernant les animaux de compagnie

Geneviève
Aubin-Houzelstein

Concernant le travail de veille, en deux ans, près de 1 500 articles ont été publiés sur le site du CNR BEA.. La base de ressources documentaires comporte plus de 600 documents interrogeables par espèce, thématique et auteur. Nous avons actuellement plus de  1 100 abonnés qui reçoivent la newsletter mensuelle. Tous ces documents sont disponibles en français et en anglais. Cette veille est très appréciée des membres du CNR BEA et de tous ceux qui la suivent de près. Elle est régulièrement reprise et relayée par les professionnels.

Agnès Tiret

Pour compléter, le site internet du CNR BEA fait référence en matière de BEA avec une très bonne visibilité et un très bon référencement. En deux ans d’existence, on compte déjà au total plus de 50 000 pages vues sur le site et près de 12 000 visiteurs uniques. Concernant les réalisations plus globales du CNR BEA, il y a une véritable volonté de positionner le CNR BEA dans le paysage français mais aussi dans le paysage européen. Le CNR BEA a travaillé à développer son intégration dans le paysage européen du BEA qui est par ailleurs très changeant et dynamique. Ainsi le CNR BEA travaille en étroite collaboration avec les centres de référence européens en BEA (CRUE). D’ailleurs, la France est représentée au sein du CRUE dédié à la volaille et aux petits animaux de ferme, mais aussi à celui dédié aux ruminants et aux équins. Le CNR BEA est aussi à l’initiative de la création d’un groupe réunissant les structures homologues existantes ailleurs en Europe (Finlande, Grèce, Italie, Suède) dans le but de faciliter les échanges de pratiques et de connaissances. 

Alain Boissy

Le CNR BEA est intégré en tant que structure d’expertise dans le Comité national d’éthique pour les abattoirs (CNEAb), dépendant du Conseil national de l’alimentation (CNA). Il participe également au comité bien-être animal du Conseil national d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale (CNOPSAV). 

Quelles sont les nouvelles perspectives pour le CNR BEA ?

Agnès Tiret

2022 est un temps fort pour le CNR BEA car il entame sa nouvelle mandature, avec un nouveau plan d’action et de nouvelles réalisations à mener, sachant que le bien-être animal est un sujet de plus en plus incontournable tant au niveau scientifique, politique, économique que sociétal. Le CNR BEA souhaite être un espace d’échanges et de réflexions privilégié sur la question du BEA.

Camille Bezançon

Depuis sa création, le CNR BEA a surtout  été sollicité par la DGAL (Direction générale de l’Alimentation, rattachée au ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation) sur des questions relatives à la protection animale et au bien-être animal en élevage. Pour les années à venir, nous souhaitons renforcer nos travaux sur les autres espèces entrant dans le périmètre du CNR BEA dont les animaux de compagnie et la faune sauvage captive. Ce souhait est en accord avec les préoccupations actuelles concernant les animaux de compagnie. Le gouvernement a notamment annoncé la création d’un Observatoire de la protection des carnivores domestiques (OCAD) dans lequel nous allons avoir un rôle important à jouer puisque nous en sommes la structure d’expertise. La mission première de cet observatoire est de mieux caractériser le phénomène de l’abandon des animaux de compagnie pour contribuer à améliorer les politiques publiques en matière de lutte contre celui-ci. Nous allons ainsi apporter les connaissances scientifiques et l’expertise technique pour la réalisation de travaux en lien avec cette thématique.   

Geneviève
Aubin-Houzelstein

Nous souhaiterions aussi développer des productions propres sur des thématiques qui nous semblent importantes à relayer. Nous envisageons ainsi de réaliser, en concertation avec la Chaire BEA, des  fiches synthétiques sur les besoins physiologiques et comportementaux des animaux par espèce. 

Alain Boissy

Le CNR BEA entend également faire valoir ses compétences scientifiques et techniques pour accompagner en 2022 le Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation dans l’élaboration de sa nouvelle stratégie pour le bien-être animal. Le CNR BEA participe notamment à des travaux visant à produire des propositions et des recommandations pour inspirer les lignes directrices de cette nouvelle stratégie.

Fiche Espèce – Tout savoir sur la vache laitière !

Vous ne pouvez démarrer la journée sans une goutte de lait dans votre café  ou vous n’envisagez pas de manger des pâtes sans fromage  ?  Mais que savez-vous vraiment des vaches laitières, de leur taille, de leur poids, de leur espérance de vie, de leurs capacités cognitives, de leur comportement social, etc.? 

Venez découvrir en images les principales caractéristiques de Marguerite, notre vache laitière !