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Les haies sont indispensables au bien-être des animaux vivant en plein air, VRAI ou FAUX ?

Vrai… Les haies sont bénéfiques au bien-être des animaux car elles permettent :
L’expression de comportements naturels tels que le comportement de grattage chez les ruminants
L’amélioration du confort thermique en procurant de l’ombre durant les périodes de forte chaleur et en fournissant des abris en cas de vent ou de pluie
▸ Parfois une source alimentaire complémentaire au pâturage
▸ De favoriser la biodiversité

Un peu d’histoire… et de géographie

Les haies font partie de nos paysages depuis de nombreuses années. Néanmoins, depuis le début du XXème siècle, pour de multiples raisons, elles se font de plus en plus rares. En effet depuis 1950, d’après une étude de l’association Solagro datant de 2006, près de 70% des haies du territoire français ont disparu soit 1,4 million de kilomètres[2]. Cela s’explique tout d’abord par l’aménagement foncier rural qui a entrainé une réduction de la quantité des haies sur notre territoire afin d’avoir des parcelles moins morcelées. D’autre part, la modernisation agricole et le recul des élevages en plein air ont participé à la diminution des prairies permanentes et, par conséquent, à la disparition des haies. Enfin, la croissance de l’urbanisation contribue à la réduction des surfaces agricoles. 

La raréfaction des haies semble toutefois actuellement ralentir grâce à une prise de conscience environnementale globale, avec même la volonté de mettre en place une réimplantation de haies. A titre d’exemple, l’objectif du gouvernement via le plan « Plantons des haies ! » a été de parvenir à la plantation de 7000 km de haies sur la période 2021-2022.

En ce qui concerne la répartition de haies sur l’hexagone, on peut souligner que les régions de l’Ouest comme la Normandie, la Bretagne et les Pays de la Loire ont une densité de haies assez importante en comparaison avec d’autres régions comme les Hauts-de-France ou encore la Nouvelle-Aquitaine. En Bretagne, par exemple, la densité de haies peut atteindre presque 110 m par ha alors que, dans d’autres régions, elle n’est que de 20m par ha[3].

Titre : Carte de densité des haies en France métropolitaine
Source : OFB (https://www.ofb.gouv.fr/haies-et-bocages-des-reservoirs-de-biodiversite)

Alors pourquoi les haies ont-elles un impact positif sur le bien-être des animaux ?

Les haies ont plusieurs effets bénéfiques sur le bien-être des animaux :

  • Elles permettent l’expression de certains comportements naturels des animaux
  • Elles favorisent un meilleur confort thermique des animaux, d’autant plus essentiel aux vues des perspectives climatiques.

L’effet des haies sur le confort thermique des animaux

Les haies permettent de protéger les animaux contre la chaleur, le froid, le vent et les intempéries. Dans un contexte de dérèglement climatique, de fortes sécheresses et canicules apparaissent, comme nous avons pu le constater durant l’été 2022, avec des animaux qui souffrent de la chaleur. Les animaux qui sont élevés en plein air une partie de l’année ont besoin d’ombre pour se protéger des fortes chaleurs en été, grâce à un abri qui peut être naturel (arbres et haies) ou artificiel. Cela est d’autant plus important que les animaux n’ont pas la même zone de confort thermique que les humains et craignent souvent bien plus la chaleur que nous !  Par exemple, il a été observé que les truies peuvent utiliser l’ombre des arbres et des haies pour réguler leur température lors de périodes chaudes[5].

De même, en cas de fortes intempéries et de vents violents, les animaux peuvent s’abriter sous les haies qui agissent ainsi comme des brise-vent[7].  De cette manière, la vitesse du vent peut être diminuée de 30 à 50%. Les haies peuvent donc permettre de protéger les animaux du froid. Les animaux utilisent alors moins d’énergie pour maintenir leur température corporelle à un niveau acceptable. Le coût de thermorégulation est alors réduit, ce qui limite les impacts négatifs du stress thermique sur le bien-être et la productivité des animaux. 

ℹ️ Pour en savoir plus sur l’effet du froid sur les bovins :

💡En résumé ! 
Les haies sont de réels outils pour permettre aux animaux de s’adapter et d’atténuer les impacts négatifs liés au dérèglement climatique sur leur bien-être et leur santé. Elles sont des leviers d’action durables qui doivent être utilisés au maximum pour la gestion de pâturages. Elles sont essentielles aux besoins vitaux des animaux vivant à l’extérieur qui subissent en premier les changements climatiques. 

Autres avantages des haies sur le bien-être animal …

Outre l’amélioration du confort thermique, les haies présentent de nombreux autres avantages pour le bien-être des animaux.  Pour les volailles, des parcours arborés peuvent être créés. Ces derniers sont constitués notamment de haies permettant aux volailles d’exprimer leur comportement naturel et améliorer leur confort. En effet, selon une étude, le risque de picage des plumes était réduit de 9 fois dans les groupes où plus de 20 % des volailles utilisaient des parcours extérieurs[8]. Par ailleurs, la présence du parcours arboré augmente le comportement exploratoire des volailles, qui utilisent alors mieux le parcours. En effet, elles se sentent notamment plus en sécurité vis-à-vis des prédateurs[9]. L’existence de haies et d’arbres dans les parcours apparaît donc comme importante pour le bien-être et le confort des volailles.

Les haies jouent d’autres rôles : elles peuvent également servir d’apports nutritifs (fourrage d’appoint) pour les animaux, surtout lors de périodes de sécheresse où la pousse de l’herbe est limitée.  « Lorsque les prairies sont sèches en été, les feuilles d’arbres encore vertes constituent un appoint alimentaire, comme celles du mûrier blanc, très riches en protéines. D’autres feuilles comme celles du frêne, du tilleul, de l’aulne ou du saule, sont dotées de vertus médicinales », indique Yves Étignard, président du Groupement d’Intérêt Ecologique et Economique (GIEE) Prairies DOR[10]

Les haies peuvent également fournir des compléments alimentaires : châtaignes ou glands pour les porcs, comme l’indique le témoignage de certains éleveurs[11]. Néanmoins, à noter que toutes les espèces végétales ne sont pas sans danger pour les animaux, et certaines haies peuvent être toxiques pour eux, il faut donc rester vigilant. 

Les vaches préfèrent même parfois les haies à l’herbe qui est pourtant abondante au début du printemps[12]

Enfin, les bovins et même les chevaux peuvent utiliser les haies pour se gratter, leur apportant ainsi du confort. A noter que le grattage est un des comportements naturels essentiel au bien-être des bovins. Il a même été montré que le comportement de grattage des animaux grâce aux arbres était mieux exprimé avec des haies/arbres qu’avec une brosse[13].  Pour les caprins, les arbres leur permettent aussi d’exprimer leur comportement naturel « d’escalade». En effet, les chèvres préfèrent se coucher et s’alimenter sur des surfaces surélevées, ce comportement est dû à une stratégie d’évitement face aux prédateurs et leur permet ainsi de réduire leur stress[14]

Par ailleurs, les haies constituent un véritable lieu de vie pour d’autres animaux… plus petits ! En effet, elles créent un microclimat[15] où oiseaux (ex. bécasse), petits mammifères (ex. lapins de garenne) et insectes cohabitent, mangent ou encore se reproduisent. Les haies sont de véritables écosystèmes. De plus, grâce aux haies, les sols ont une meilleure capacité de rétention de l’eau (les haies ralentissent le ruissellement et favorisent l’infiltration de l’eau dans les sols). L’érosion  éolienne ou hydrique des sols s’en trouve ralentie. 

Au final, les haies contribuent fortement au bien-être animal, humain et à la préservation de l’environnement. Elles s’inscrivent ainsi parfaitement dans une démarche durable de « One Welfare », signifiant un seul « bien-être » pour les Hommes, les animaux et l’environnement (Pour en savoir plus sur le concept de One Welfare, n’hésitez pas à consulter cette vidéo

💡En résumé ! 
Les haies possèdent de nombreux avantages pour le bien-être des animaux d’élevage. Elles sont un réel outil de protection, de confort, de réduction du stress et d’amélioration de l’alimentation des animaux.

Pour aller plus loin …

Les haies jouent également le rôle de puits de carbone, permettant aux parcelles avec haies de présenter une capacité de stockage du CO2 supérieure à des parcelles sans haies. Grâce aux projets de recherche AgForward – Promotion des pratiques agroforestières pour favoriser le développement rural en Europe (EU 2014-2017) et Carbocage – Vers la neutralité Carbone des territoires (Ademe 2016-2019), des chercheurs de l’INRAE ont en effet montré un effet significatif des haies sur les stocks de carbone des sols des parcelles adjacentes, jusqu’à une distance de 3 mètres. D’un point de vue écologique et climatique, les haies constituent un véritable atout pour la planète

Pour résumer :


[1] https://inventaire-forestier.ign.fr/spip.php?article597 .

[2] Philippe POINTEREAU et Frédéric COULON, « La haie en France et en Europe : évolution ou régression, au travers des politiques agricoles », 2006. Disponible sur: https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-35258-rnhc.pdf.

[3] « Haies et bocages : des réservoirs de biodiversité ». Disponible sur : https://www.ofb.gouv.fr/haies-et-bocages-des-reservoirs-de-biodiversite.

[4] inn’ovin, « Produire des ovins sous panneaux photovoltaïques au sol ». Disponible sur : https://www.inn-ovin.fr/produire-des-ovins-sous-panneaux-photovoltaiques-au-sol/.

[5] S.-L. A. Schild, L. Rangstrup-Christensen, M. Bonde, et L. J. Pedersen. (2018). The use of a shaded area during farrowing and lactation in sows kept outdoors. Applied Animal Behaviour Science, 209, https://doi.org/10.1016/j.applanim.2018.08.019.

[6] Idele, Cniel (centre national interprofessionnel de l’économie laitière), « Impacts du stress thermique sur les vaches laitières », août 2021. Disponible sur: https://idele.fr/umt-ebis/?eID=cmis_download&oID=workspace%3A%2F%2FSpacesStore%2F6e71a361-6b6e-460d-a140-aed81d7c8e89&cHash=50557fae57f74ca602d0212ba1ae25bd.

[7] Direction de l’environnement et de le biodiversité du conseil général Calvados, « Les haies bocagères », mars 2010. Disponible sur: https://www.google.com/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=&cad=rja&uact=8&ved=2ahUKEwi479L-mvH6AhXNxoUKHXJlBr0QFnoECBAQAQ&url=http%3A%2F%2Fwww.valdarry.fr%2Fmedias%2Ffiles%2Fguide-des-haies.pdf&usg=AOvVaw3F7r52xgMMT9aJvRVT_9iq.

[8] C.J. Nicol , C. Pötzsch , K. Lewis & L.E. Green. (2003). Matched concurrent case-control study of risk factors for feather pecking in hens on free-range commercial farms in the UK. British Poultry Science, 44(4), https://doi.org/10.1080/00071660310001616255.

[9] A.C. Fanatico, J.A. Mench, G.S. Archer, Y. Liang, V.B. Brewer Gunsaulis, C.M. Owens, A.M. Donoghue. (2016). Effect of outdoor structural enrichments on the performance, use of range area, and behavior of organic meat chickens, Poultry Science, 95(9), https://doi.org/10.3382/ps/pew196.

[10] « Les bienfaits des haies pour les exploitations agricoles ». Disponible sur : http://biodiversite.gouv.fr/actualite/les-bienfaits-des-haies-pour-les-exploitations-agricoles.

[11] « De l’arbre et du cochon ». Disponible sur : https://www.viandesetproduitscarnes.fr/index.php/en/144-environnement–elevage/724-de-l-arbre-et-du-cochon.

[12]S. Vandermeulen, C. A. Ramírez-Restrepo, C. Marche, V. Decruyenaere, Y. Beckers, and J. Bindelle. (2018). Behaviour and browse species selectivity of heifers grazing in a temperate silvopastoral system. Agroforestry Systems, 92, https://dx.doi.org/10.1007/s10457-016-0041-x.

[13] D. Kohari, T. Kosako, M. Fukasawa, et H. Tsukada. (2007). Effect of environmental enrichment by providing trees as rubbing objects in grassland: Grazing cattle need tree-grooming, Animal Science Journal, 78 (4), https://doi.org/10.1111/j.1740-0929.2007.00455.x.

[14] G. Zobel, H. W. Neave, et J. Webster. (2019). Understanding natural behavior to improve dairy goat (Capra hircus) management systems, Translational Animal Science, 3(1), https://doi.org/10.1093/tas/txy145.

[15] Thomas Vanneste, Sanne Govaert, Fabien Spicher, Jörg Brunet, Sara A.O. Cousins, Guillaume Decocq, Martin Diekmann, Bente J. Graae, Per-Ola Hedwall, Rozália E. Kapás, Jonathan Lenoir, Jaan Liira, Sigrid Lindmo, Kathrin Litza, Tobias Naaf, Anna Orczewska, Jan Plue, Monika Wulf, Kris Verheyen, Pieter De Frenne. (2020). Contrasting microclimates among hedgerows and woodlands across temperate Europe. Agricultural and Forest Meteorology, 281, https://doi.org/10.1016/j.agrformet.2019.107818.

Seuls les taureaux ont des cornes, VRAI ou FAUX ?

FAUX, les vaches aussi peuvent avoir des cornes ! 

On vous en dit plus sur les cornes des bovins avec Alice de Boyer des Roches, professeure en zootechnie et bien-être animal

Qu’est-ce que les cornes des bovins ? Comment se forment-elles ?

Les cornes sont des excroissances osseuses, permanentes, qui se forment et se développent sur la tête de certaines races de bovins à partir de ce que l’on nomme le « bourgeon cornual ». Les cellules du bourgeon cornual formeront un cornillon (partie intérieure de la corne). Jusqu’à l’âge de 6 semaines environ, le bourgeon cornual est flottant dans la peau au-dessus du crâne et n’est donc pas rattaché à l’os du crâne. Quand le veau atteint l’âge d’environ 6 semaines à deux mois, les cornes se soudent à l’os frontal du crâne. Un sinus (cavité) apparaît à l’intérieur du crâne sous le cornillon. Au fur et à mesure que la corne pousse et se soude au crâne, ce sinus frontal se prolonge jusque dans la partie de la corne qui lui est adjacente. La corne et le sinus partagent alors la même muqueuse. Les cornes grandissent, ainsi, tout au long de la vie du bovin.

Ainsi, contrairement aux bois des cervidés, les cornes des bovidés sont permanentes et consistent en une gaine externe de kératine et un noyau osseux comportant des cavités (sinus). Ces cornes sont bien présentes chez les mâles (taureaux) et les femelles (vaches). Cette zone de la tête est innervée et richement vascularisée, et ce quel que soit le stade de développement :  bourgeon cornual – cornillon – corne. Cela signifie que si l’on détruit le bourgeon cornual ou le cornillon, ou que l’on coupe la corne, cela va générer une douleur intense pour le bovin ; cette douleur pouvant durer plusieurs jours si elle n’est pas traitée.

Quelle est l’utilité des cornes pour les bovins ?

Les bovins utilisent leurs cornes pour communiquer lors des interactions sociales[1][2]. Dans un troupeau constitué de bovins avec cornes et d’autres bovins qui en sont dépourvus, les bovins avec cornes sont généralement dominants[3], mais beaucoup d’autres facteurs peuvent entrer en jeu, comme par exemple des facteurs génétiques, l’aliment à disposition, la gestion des groupes sociaux, etc[4]. Toutefois, bien que la présence de cornes confère un avantage significatif au moment où l’ordre social s’établit, la suppression des cornes dans un groupe bien établi ne modifie que quelques relations, voire aucune[5]. Enfin, les vaches qui possèdent des cornes n’effectuent pas plus de comportements agonistiques (menaces, coups de tête…) que des vaches dépourvues de cornes. Cependant, le pattern des interactions agonistiques est différent[6] : les vaches ayant des cornes réalisent généralement une plus grande proportion d’interactions sans contact corporel, comme des menaces par exemple[7]

Les bovins peuvent également utiliser leurs cornes pour d’autres buts, comme pour se gratter par exemple[8]. D’autres éleveurs rapportent que certains bovins sont capables de les utiliser pour ouvrir les cornadis.

Toutes les races de bovins ont elles des cornes ? Est-ce lié au sexe de l’individu ?

Chez les bovins domestiques, il existe des preuves de l’existence d’animaux sans cornes depuis l’Antiquité, comme le montrent par exemple plusieurs scènes de tombes égyptiennes anciennes. En France historiquement l’essentiel des bovins avait des cornes.

Cependant, depuis les années 1960, l’élevage de bovins se caractérise par un remplacement des stabulations entravées traditionnelles où les bovins sont attachés côte à côte, par des stabulations libres où les bovins peuvent se mouvoir, accroissant le risque de blessures (entre bovins et de l’éleveur.se) si la densité est trop élevée et/ou le logement mal conçu[9]. Cette modification de logement a entraîné la nécessité, pour des raisons de sécurité, d’élever des bovins sans corne.

Aussi, avec l’évolution des stabulations, le taux de bovins auxquels les cornes ont été ôtées, a augmenté et atteint 87% pour les vaches laitières (98% des vaches laitières logées en stabulation libre, et 60% des vaches laitières logées en étables entravées) et 61% des vaches allaitantes (70% des vaches allaitantes logées en stabulation libres et 25% des vaches allaitantes logées en étables entravées)[10]. Pour cela deux méthodes sont utilisées par les éleveurs ou professionnels de l’élevage :

  • destruction du bourgeon cornual chez un veau (ébourgeonnage)
  • destruction des cornes chez un bovin adulte (écornage) .

L’ébourgeonnage doit être privilégié à l’écornage. En effet, le cornillon n’étant pas encore rattaché à l’os du crâne et pas en contact avec le sinus frontal, l’ébourgeonnage est moins invasif que l’écornage et est associé à un moindre risque d’hémorragie et d’infection L’ébourgeonnage et l’écornage sont toutefois tous les deux sources de douleur et de stress associé, si aucun anesthésique ni analgésique n’est administré[11]. Ces pratiques sont donc questionnées au regard du bien-être animal. Plusieurs propositions existent pour minimiser la douleur : Supprimer, substituer et soulager (Principe des 3S)[12]. Des recommandations pratiques[13] et des formations, dont une formation créée par de nombreux partenaires (IDELE, Chambre d’Agriculture de Bretagne, Chaire bien-être animal, INRAE…), ont été développées pour améliorer les techniques et supprimer la douleur lors et après ces actes[14].

bovins Galloway naturellement sans cornes

Il existe des bovins qui sont naturellement « acères », c’est-à-dire qui n’ont, naturellement, pas de cornes. Plusieurs races bovines exclusivement acères sont originaires de Grande Bretagne ; il s’agit par exemple des races Angus ou Galloway. Pour éviter d’avoir à ôter les cornes des bovins, les éleveurs ont sélectionné des bovins « acères », et ont introduit peu à peu ce caractère dans plusieurs schémas de sélection d’autres races bovines, comme la race Prim’Holstein par exemple. Les facteurs génétiques sous-jacents de ce caractère ont fait l’objet de nombreuses études scientifiques[15]. Le caractère « acère » est un caractère mendélien, c’est-à-dire qu’il est transmis héréditairement, d’une génération à l’autre (des parents aux jeunes). Il est porté par un chromosome non sexuel (autosome), c’est-à-dire que le fait d’être acère ou non n’est pas déterminé par le sexe de l’animal : les mâles et les femelles peuvent être acères ou non. De plus, le caractère « acère » est dominant, ce qui signifie que les bovins acères sont soit homozygotes (deux copies de l’allèle « acère ») soit hétérozygotes (une copie de l’allèle « acère » et une copie de l’allèle « non acère »).

De tout cela découle que :

▪︎ Les animaux qui portent une copie de l’allèle acère (animaux « hétérozygotes ») le transmettront en moyenne à 75 % de leur progéniture (50% seront hétérozygotes « acère » et 25% seront homozygotes « acère ») qui naîtront donc sans cornes.

▪︎ Lorsque deux animaux acères sont accouplés, environ 75 % de leur progéniture résultante est acère, mais ce pourcentage peut atteindre 100 % si un des parents est porteur de deux copies de l’allèle acère (homozygote).

▪︎ Des animaux qui développent des cornes après leur naissance ne peuvent pas transmettre l’allèle acère, et lorsque deux tels animaux sont accouplés, aucun de leurs descendants ne sera acère.

Pour résumer


[1] Knierim, U., N. Irrgang, and B.A. Roth. 2015. To be or not to be horned—Consequences in cattle. Livestock Science 179:29–37. https://doi.org/10.1016/j.livsci.2015.05.014

[2]Lutz, J., J.-B. Burla, L. Gygax, B. Wechsler, H. Würbel, and K. Friedli. 2019. Horned and dehorned dairy cows differ in the pattern of agonistic interactions investigated under different space allowances. Applied Animal Behaviour Science 218:104819. https://doi.org/10.1016/j.applanim.2019.05.008.

[3]Bouissou, M.F., A. Boissy, P. Le Neindre, and I. Veissier. 2001. The social behaviour of cattle. L.J. Keeling and H.W. Gonyou, ed. CAB International, Oxon, UK.

[4]pour revue  Knierim et al., 2015

[5]Bouissou et al., 2001

[6]Knierim et al., 2015

[7]Lutz et al., 2019

[8]Knierim et al., 2015

[9]A noter qu’aujourd’hui, les stabulations entravées sont encore très présentes en zone de montagne en Europe, et en Amérique du Nord.

[10]Kling-Eveillard, F., A.C. Dockes, D. Ribaud, and L. Mirabito. 2009. Cattle dehorning in France: farmers’ practices and attitudes. Rencontres Recherche Ruminants 16:249–252

[11]Herskin, M.S., and B.H. Nielsen. 2018. Welfare Effects of the Use of a Combination of Local Anesthesia and NSAID for Disbudding Analgesia in Dairy Calves—Reviewed Across Different Welfare Concerns. Frontiers in Veterinary Science 5:117. https://doi.org/10.3389/fvets.2018.00117

[12]Guatteo, R., O. Levionnois, D. Fournier, D. Guémené, K. Latouche, C. Leterrier, P. Mormède, A. Prunier, J. Servière, C. Terlouw, and P.L. Neindre. 2012. Minimising pain in farm animals: the 3S approach – ‘Suppress, Substitute, Soothe’. animal 6:1261–1274. https://doi.org/10.1017/S1751731112000262

[13]Alcasde. 2009. Final recommendations to DG SANCO regarding the alternatives to the dehorning.

[14]Le Guénic, M., G. Trou, J. François, A. Aupiais, A. de Boyer des Roches, B. Mounaix, and F. Kling-Eveillard. 2016. Evolutions des pratiques et des représentations suite à la formation « J’écorne facilement, efficacement et sans douleur ». Rencontres Recherche Ruminants 23:310.

[15]Pour revue Prayaga, K.C. 2007. Genetic options to replace dehorning in beef cattle—a review. Aust. J. Agric. Res. 58:1. https://doi.org/10.1071/AR06044

Les animaux au pâturage sont forcément heureux, VRAI OU FAUX ?

FAUX, le bien-être des animaux au pâturage est généralement meilleur mais il n’est pas nécessairement optimal

Réponse avec Lydiane Aubé, postdoctorante à la Chaire bien-être animal :

L’élevage au pâturage, c’est-à-dire l’accès à un espace enherbé, est généralement perçu par le grand public comme meilleur du point de vue du bien-être animal puisqu’il procurerait aux animaux plus de liberté de mouvement[1]. De fait, le pâturage offre aux animaux un environnement considéré comme naturel ainsi qu’une plus grande possibilité d’exprimer des comportements propres à l’espèce par rapport à l’élevage en intérieur[2].

Néanmoins, les avantages de l’élevage au pâturage dépendent du type d’accès à l’extérieur qui est proposé et des conditions environnementales. En effet, que ce soit en bâtiment ou au pâturage, le bien-être des animaux dépend en partie des conditions dans lesquelles ils sont placés (espace disponible, confort de couchage, accès nourriture et eau, température ambiante, etc.). On peut donc avoir des cas de figure où des animaux en bâtiment ont un meilleur niveau de bien-être que des animaux au pâturage et inversement ! De plus, il ne faut pas oublier que le bien-être dépend de la perception de chaque animal et qu’il doit être évalué dans chaque situation pour être certain qu’il est respecté.  

Cependant, on peut raisonnablement avancer, comme nous allons le voir, qu’un état de bien-être optimal est plus facile à atteindre au pâturage qu’en bâtiment, à condition que les conditions soient bien respectées .

En effet, comme pour l’élevage en bâtiment, le pâturage présente des bénéfices pour le bien-être des animaux mais aussi un certain nombre de risques, et ce quelles que soient les espèces considérées : vaches[3],  porcs[4],  volailles[5] , chèvres et moutons[6].

Les risques et les bénéfices du pâturage pour le bien-être des animaux

Sur le comportement des animaux

L’accès au pâturage présente de multiples avantages pour les animaux en termes d’expression des comportements naturels. Par exemple, au pâturage, les vaches ont la possibilité de brouter alors que cela leur est impossible en bâtiment, ce qui est pourtant un comportement naturel important pour leur bien-être . De même, les porcs au pâturage peuvent fouir le sol mais aussi brouter, alors que ces comportements sont impossibles en bâtiment. Or, le fouissement du sol est considéré comme un besoin comportemental chez le porc[7]. On définit un besoin comportemental comme le besoin d’exécuter un comportement, c’est-à-dire que l’animal est très motivé pour exprimer ce comportement. L’impossibilité prolongée de l’exprimer peut nuire à son bien-être en entraînant notamment de la frustration[8]. Concernant les volailles, l’élevage en plein-air leur permet d’exprimer certains comportements naturels comme le fait de gratter la terre, de courir, de battre des ailes, mais aussi la possibilité de faire des bains de poussière ou de soleil[9]. Enfin, il a également été montré que les animaux avec un accès au pâturage expriment moins d’agressivité entre eux (ex. vaches[10] et chèvres[11]). Nous vous invitons d’ailleurs à visionner notre vidéo réalisée à l’élevage de porcs bio plein-air Terre d’Arjoux, dans laquelle les deux éleveurs expliquent justement qu’ils constatent peu de cannibalisme entre les porcs (queue, oreilles). A l’inverse, le cannibalisme entre les porcs est souvent observé en bâtiment, ce qui conduit parfois les éleveurs à pratiquer la caudectomie (coupe de la queue).

De la même façon, lorsque les poules sont élevées avec un accès au plein air, le recours à l’épointage du bec (raccourcir le bec pour limiter les soucis de « piquage » entre volailles dus à une trop grande proximité), n’est pas systématiquement pratiqué alors qu’il l’est couramment lorsque celles-ci sont élevées en bâtiment[12]. Or, cette pratique est à l’origine de douleurs aigues mais aussi chroniques et a des consequences negatives sur le bien-être des animaux. Le bec est notamment important pour la pratique de certains comportements comme la prise alimentaire, le lissage des plumes et l’élimination de certains parasites externes[13].

De façon générale, le pâturage offre aux animaux un environnement plus riche et plus stimulant et qui leur permet d’exprimer leurs comportements naturels. 

Sur le confort des animaux

Le pâturage offre un meilleur confort de couchage aux vaches, et vraisemblablement aussi aux autres animaux. L’espace pour se coucher est généralement plus important en termes de surface et plus confortable par rapport au bâtiment. L’accès au pâturage donne également aux animaux une plus grande liberté de mouvement.

Un des principaux challenges pour le bien-être des animaux en extérieur concerne le stress thermique[15]. En effet, les animaux peuvent être confrontés à des températures qui sortent de leur zone de confort (à la fois des températures trop basses et aussi des températures trop élevées selon les régions). Il est important de fournir aux animaux des abris pour les protéger de la chaleur, du froid et de la pluie, tels que des haies, des arbres, ou simplement laisser l’accès libre au bâtiment pour pouvoir s’abriter. Cet accès au bâtiment doit être favorisé notamment dans la journée lors des fortes chaleurs. En hiver, les vaches par exemple supportent moins bien le froid humide que le froid sec (vous pouvez consulter notre précédente idée reçue sur le sujet) ! Pour les porcs plus spécifiquement, la possibilité de pouvoir se rouler dans la boue est essentiel pour pouvoir réguler leur température lors de périodes chaudes, en effet c’est le mode de thermorégulation privilégié chez cette espèce. En effet, dans une étude chez les truies en gestation[16], l’ombre était peu utilisée en périodes chaudes par rapport à la bauge (i.e. trou de boue) qui était privilégiée.

Sur l’alimentation

Du fait de la variation de qualité et quantité d’herbe disponible au pâturage, une alimentation adéquate, exclusivement apportée par le pâturage, peut s’avérer compliquée. Il y a notamment plus de risques de mauvais équilibre de la ration. Par exemple, les vaches laitières, en particulier celles avec une forte production laitière, semblent être plus à risque de déficit nutritionnel[17]. De plus, les distances et les surfaces à couvrir rendent bien souvent difficile l’approvisionnement en eau dans les parcelles et l’entretien des points d’eau, ce qui peut conduire à une quantité et qualité en eau disponible sous-optimales. Une difficulté peut être notamment de contrôler la température de l’eau. Or, les animaux vont moins boire une eau dont la température est trop haute (porcs[18] et volailles[19]). 

Sur les aspects sanitaires

Pour les différentes espèces, il y a des bénéfices et des risques en termes sanitaires (vaches[20],  porcs[21],  volailles , chèvres et moutons[22]). 

Par exemple, en termes de bénéfices, il y a généralement moins de boiteries, mammites (inflammation et la mamelle), lésions, problèmes au vêlage et mortalité chez les vaches au pâturage que chez les vaches en bâtiment[23]. On constate également moins de boiteries chez les volailles[24] et les porcs[25]. L’élevage en extérieur permet de diminuer les transmissions de maladies entre les animaux du fait d’une densité plus faible et donc d’une proximité moindre entre les animaux[26]. Par exemple, les porcs élevés en extérieur présentent moins de problèmes respiratoires et moins de maladies intestinales que les porcs élevés en intérieur[27] et, de la même façon les chèvres avec accès au pâturage présentent moins de lymphadénites caséeuses (maladie bactérienne) que des chèvres en bâtiment. Cela est probablement dû aux contacts plus étroits entre les animaux en bâtiment ce qui facilite la transmission de la maladie[28]. De façon générale, l’élevage au pâturage permet de contourner les risques posés par une mauvaise ventilation des bâtiments. En effet, un déficit de ventilation peut favoriser la transmission d’agents infectieux par voie aérienne (porcs[29] et bovins[30]). Une mauvaise qualité de l’air peut également être à l’origine d’une irritation des voies respiratoires en conséquence de taux trop élevés dans l’air de gaz comme l’ammoniac (porcs et volailles[31]).

Néanmoins, au pâturage,  il y a plus de risques de parasitismes et de contacts avec la faune sauvage ainsi qu’avec les animaux d’élevages voisins, ces contacts pouvant conduire à la transmission de différentes maladies (porcs[32], vaches[33], chèvres et moutons[34]). Les animaux en extérieur sont plus sujets aux infections par des parasites internes (ex. vers intestinaux) et des parasites externes (ex. tiques) du fait des conditions environnementales plus favorables pour le développement et la survie des parasites[35] et de la difficulté à les contrôler en milieu extérieur. Par exemple, les taux d’infections par des parasites internes (ex. Ascaris) sont généralement plus élevés chez les porcs élevés en extérieur que les porcs en intérieur[36]. De la même façon, les poules en extérieur sont plus infestées par les poux rouges, un parasite externe, que des poules en bâtiment[37]. Concernant les transmissions par la faune sauvage, les sangliers sauvages et les rongeurs sont des « réservoirs » des nombreux pathogènes qui peuvent être transmis aux porcs[38]. Les volailles sont également concernés par de possibles contaminations par la faune sauvage[39].

A noter enfin que l’élevage en plein air peut représenter des risques de prédation. Par exemple, selon les régions, les volailles peuvent être sous la menace de renards, de blaireaux, de fouines ou encore de certains rapaces. Selon une étude[40], la mortalité des volailles due à la prédation peut être supérieure à 6%

Et si on leur posait directement la question ?

Des recherches ont été conduites pour déterminer si les animaux préféraient être à l’extérieur ou en bâtiment et tester leur motivation pour accéder à l’extérieur.

Dans les élevages où les vaches sont en bâtiment pour l’hiver, à l’arrivée des beaux jours, quand elles accèdent au pâturage, elles montrent des émotions positives : on parle de la « caracole » des vaches

Motivation pour accéder à l’extérieur

Lors de tests de motivation, les vaches ont travaillé (i.e. poussé une porte lestée) au moins autant pour accéder au pâturage que pour accéder à de l’aliment appétant et d’autant plus pour accéder à l’extérieur le soir[41], ce qui dénote globalement une motivation importante des vaches à accéder au pâturage. 

Préférence pâturage ou bâtiment ?

Lorsqu’elles ont le choix, les vaches passent généralement plus de temps dans une prairie qu’en bâtiment, notamment la nuit[42]. Des travaux antérieurs ont montré que les vaches laitières choisissent généralement de rester à l’intérieur pendant la journée, en particulier lorsque la température et l’humidité sont élevées, mais passeront la plupart de leur temps au pâturage la nuit si elles en ont l’occasion[43].

De façon générale, il faut garder à l’esprit que le bien-être des animaux dépend des conditions environnementales et de la bonne gestion du pâturage… et qu’il faut donc toujours évaluer et adapter la situation !


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[8]On définit un besoin comportemental comme le besoin d’exécuter un comportement, c’est-à-dire que l’animal est très motivé pour exprimer ce comportement. L’impossibilité prolongée de l’exprimer peut nuire à son bien-être en entraînant notamment de la frustration. Voir Friend, T., 1989. Recognizing behavioral needs. Applied Animal Behaviour Science 22, 151–158 ; Jensen, P., Toates, F.M., 1993. Who needs ‘behavioural needs’? Motivational aspects of the needs of animals. Applied animal behaviour science 37, 161–181.

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