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Vivéa – Le bien-être animal, des éleveurs en parlent !

Les administrateurs de l’association « Rhône Terre d’éleveurs », association représentant le pôle élevage de la chambre d’agriculture, du contrôle laitier et du GDS, ont éprouvé le besoin de se cultiver sur la notion de bien-être animal dans le but de savoir en parler de manière constructive et éducative avec des citoyens.

Le GDS du Rhône leur a donc proposé une journée de formation fin 2019 sur ce sujet, à laquelle une enseignante-chercheuse de VetAgroSup membre de la chaire sur le bien-être animal, Alice de Boyer des Roches, est intervenue. Elle a situé les enjeux du bien-être animal à différents niveaux : performance des troupeaux, accès aux marchés, attentes sociétales, … et a permis aux participants d’objectiver cette notion à travers une définition et une méthode pour évaluer leurs pratiques et pouvoir les améliorer si besoin.

L’intervenante s’est appuyée sur la définition de bien-être animal de l’Organisation mondiale de la santé animale qui fait aujourd’hui référence , décrite selon les Cinq Libertés suivantes :

  • Ne pas souffrir de la faim ou de la soif
  • Ne pas souffrir d’inconfort 
  • Ne pas souffrir de douleurs, de blessures ou de maladies
  • Pouvoir exprimer les comportements naturels propres à l’espèce 
  • Ne pas éprouver de peur ou de détresse 

Ainsi, les éleveuses et éleveurs ont pu acquérir des éléments pour comprendre ce qui est en jeu dans le bien-être animal : quels sont les 12 critères ? comment les évaluer ? Trouver des pistes d’amélioration (Comprendre, Evaluer, Améliorer le bien-être animal).

Ils ont pu envisager des actions concrètes à conduire pour progresser sur le bien-être animal, par exemple la prise en charge de la douleur, et construire des arguments, des exemples pour témoigner de leur savoir-faire positif au quotidien.

Les participants à cette formation nous en parlent, en nous livrant notamment quelques ingrédients pour retrouver de la fierté dans leur métier :

« Je suis très contente d’avoir appris sur le comportement des animaux, sur les interactions entre espèces et aussi entre l’animal et l’humain. J’ai déjà mis des ballons et des brosses dans mes lots de génisses. Par le biais du jeu, j’identifie les vaches dominantes : ça permet de choisir la vache adéquate pour déplacer le troupeau. »

 « On a du mal à être fier de ce qu’on fait. Comme c’est intuitif, on ne sait pas en parler et on a du mal à expliquer. L’info on l’a, la science on l’a, mais on n’en a pas conscience. Ça permet de se rendre compte qu’on a des critères et on les a clarifiés. »

  « Ça va m’aider à mieux vivre mon métier. On a appris plein de choses sur le bien-être animal avec des mots concrets et simples. »

« J’ai des indicateurs du bien-être animal. Lors de mes portes-ouvertes je vais mettre des panneaux et expliquer comment on l’apprécie. Ce serait indispensable que les jeunes qui arrivent dans le métier aient ces notions, dans le cadre de leur formation initiale agricole, peut-être même à l’école tout court pour tous. A l’école, on devrait apprendre des choses sur la manière dont on se nourrit. »

« Le dialogue positif sur nos métiers, ça coule de source si on est bien avec nos animaux et bien avec soi-même. On ne sait pas forcément mettre des mots simples sur les choses. Il ne faut pas chercher à convaincre les gens mais plutôt leur expliquer. Ne pas voir le décalage entre nous et eux comme une agression, essayer de mettre un pont sur le fossé entre les gens et nous. Il faudrait plus d’agriculteurs qui se forment pour dédramatiser. »

Des mots forts qui découlent de la formation et des échanges de pratiques entre éleveurs !

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